La Roumanie n’était pas une destination de vacances à laquelle j’aurais spontanément pensé.
C’est grâce à mon amie roumaine, Roxane, qui m’a proposé de l’accompagner, que j’ai découvert un pays dont je ne soupçonnais ni la beauté ni la richesse.
En réalité, je ne l’imaginais pas du tout.
Dès mon arrivée, j’ai été surprise. Malgré la pauvreté et le climat particulièrement tendu en ce mois de février 2025, je me suis sentie immédiatement bien.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais à Bucarest et à Brașov j’ai été surprise de découvrir un mélange inattendu.
D’un côté une architecture particulièrement moderne avec une certaine démesure presque américaine, des immenses écrans publicitaires illuminant le centre-ville et de l’autre côté, une architecture plus ancienne. Après plus de 2h de vol, j’ai posé le pied sur une terre aussi inconnue qu’enneigée.
La neige, tombée en abondance quelques jours plus tôt, formait d’épais amas gelés de part et d’autre des rues.
Avec ce manteau blanc recouvrant tout pendant mes premiers jours dans ce pays que je ne connaissais que de nom, j’avais l’étrange impression d’évoluer dans des décors de film.
Les rues, les gares, les bâtiments… tout me semblait incroyablement photogénique.
Mon regard ne cessait d’explorer ces paysages contrastés, oscillant entre modernité et vestiges d’une autre époque. Chaque coin de rue était une invitation à capturer l’instant, à figer ces scènes où se mêlent passé et présent.
À travers ces quelques photos, je vous invite à plonger dans mes souvenirs de ce voyage inattendu, qui n’a fait naître en moi qu’une seule envie : y retourner.
Au début de l’année scolaire, en septembre 2025, j’ai ressenti le besoin de bousculer mes habitudes photographiques. J’ai commencé à réfléchir à des manières d’expérimenter autrement la photographie de rue, que ce soit par l’usage de pellicules aux rendus atypiques, de filtres créatifs, ou encore à travers des sujets moins familiers. Parmi ces terrains d’expérimentation, l’idée de photographier la Fashion Week s’est imposée naturellement : un univers codé, structuré, souvent inaccessible, et pourtant ouvert à l’observation dans l’espace public et donc, paradoxalement proche de l’esprit de la rue. En octobre 2025, j’ai vécu ma première immersion dans ce monde particulier, lors de l’une des nombreuses Fashion Weeks parisiennes.
Pour l’occasion, j’ai suivi pendant quelques jours, ou plutôt quelques heures, plusieurs membres du collectif SIAW (Street Is A Woman).
Grâce au réseau social TikTok, les membres du collectif parvenaient à localiser les défilés et à partager les informations en temps réel via une conversation de groupe. N’ayant pas TikTok moi-même et n’ayant jamais photographié de Fashion Week auparavant, j’ai été frappée par la précision de cette organisation informelle.
C’était un mélange étonnant d’improvisation collective et de réactivité numérique : une chasse à l’événement, rendue possible par la vitesse de circulation de l’information sur les réseaux sociaux. J’ai découvert à quel point ces plateformes pouvaient être des outils stratégiques pour les photographes de rue contemporains, même dans des contextes apparemment élitistes comme celui de la mode.
Comme un challenge n’arrive jamais seul, j’ai choisi d’ajouter une contrainte artistique à cette première expérience : photographier exclusivement avec un prisme de la marque Walking Way, récemment acquis.
Cet accessoire, monté sur mon Ricoh GR III à l’aide d’une bague d’adaptation de 49 mm, déforme la réalité, diffracte la lumière et introduit une forme de déséquilibre visuel. Il crée, selon moi, une atmosphère mouvante et presque fantomatique, où les silhouettes semblent glisser entre réel et illusion.
En amont, je ne m’étais pas préparée.
Je voulais laisser la surprise guider mes pas et mes photographies. Je m’attendais à croiser et à photographier des célébrités, même si je ne suis pas vraiment familière des visages du milieu. Dans les faits, j’ai découvert un microcosme cohérent et répétitif, où l’on retrouve les mêmes visages d’un défilé à l’autre : invités, photographes, influenceurs, souvent reconnaissables à leurs attitudes ou à leurs accessoires. J’ai aussi remarqué des échos visuels d’un événement à l’autre : des codes vestimentaires récurrents, des mises en scène de soi, mais aussi de belles expressions d’individualité au détour d’un trottoir.
Cette première Fashion Week a été pour moi une expérience hybride, entre documentaire et expérimentation esthétique, entre observation sociologique et exploration sensorielle. Elle m’a poussée à questionner les frontières entre la rue et la scène, entre le spontané et le spectaculaire, et m’a donné envie de poursuivre ce travail sur la perception du réel à travers le filtre de la photographie.
Introduction : L’été austral 2023-2024 restera pour moi une expérience inoubliable, en tant qu’équipier sur le voilier monocoque « le Boulard ». Cette aventure hors du commun nous a conduits, mon équipage et moi, des rives de Ushuaia, en passant par le légendaire passage du Drake et jusqu’à la péninsule antarctique. Tout au long de ce périple, j’ai eu la chance de saisir, à travers mon appareil photo, la splendeur des icebergs, la grâce des baleines, la curiosité espiègle des manchots, la finesse des sternes et la prestance des albatros à sourcils noirs.
Préparatifs et départ : Le voyage débute à Puerto Williams, la ville la plus australe du monde. Le « Boulard », un monocoque conçu pour l’aventure, se lance dans le passage du Drake avec un équipage partagé entre enthousiasme et appréhension. En tant qu’équipier, je m’apprête aussi à documenter cette expédition polaire.
Le passage du Drake et le cap Horn : Le franchissement du Drake constitue une étape mythique pour tout navigateur. Les vents violents, la houle impressionnante et le froid mordant rappellent la puissance de l’océan Austral. Au large, le cap Horn se dresse, symbole de défis et de rêves maritimes. Je profite de ces instants pour photographier les jeux de lumière sur les vagues et l’envol majestueux des albatros à sourcils noirs, dont l’envergure impressionne toujours autant.
Premiers icebergs et faune antarctique : Alors que nous gagnons la péninsule antarctique, le décor se transforme de façon saisissante. Devant nous, les premiers icebergs se détachent, tel des œuvres d’art façonnées par la nature, dérivant lentement sur l’eau gelée. J’immortalise ces géants translucides, aux teintes bleues et aux silhouettes insolites, véritables symboles de la délicatesse de ce territoire. Des manchots, curieux et familiers, s’aventurent jusqu’à notre bateau, tandis que les baleines surgissent tout près, offrant des spectacles inoubliables que je m’empresse de photographier, émerveillé.
Rencontres ornithologiques : La vie dans ces latitudes extrêmes est également marquée par la présence de nombreuses espèces d’oiseaux. Les sternes, gracieuses et infatigables, survolent le navire, tandis que les albatros à sourcils noirs planent au-dessus des flots, portés par les vents puissants.
Retour et souvenirs impérissables : Après plusieurs jours d’exploration et de navigation, trente-deux au total entre les glaces, l’équipage du « Boulard » met le cap vers Ushuaia. Le passage du Drake, une fois de plus, met les nerfs et les compétences de chacun à l’épreuve. L’arrivée dans le port argentin signe la fin de l’expédition, mais les souvenirs – et surtout mes photographies – témoignent de la magie et de la force de cette aventure humaine et naturelle hors du commun.
Conclusion : Parcourir la péninsule antarctique à bord d’un voilier reste une expérience rare et précieuse. J’ai réussi à capturer la beauté brute des paysages, la richesse de la faune qui anime les grandes expéditions polaires.
Ses images, véritables témoignages visuels, invitent chacun à rêver de ces terres lointaines et à respecter la fragilité de l’Antarctique.
Démarche artistique :
Mon travail explore la photographie au-delà de la simple vision, en tant qu’expérience multisensorielle et mémorielle. Je m’intéresse à la manière dont l’image peut éveiller plusieurs sens — toucher, ouïe, odorat dans l’imaginaire — et stimuler la mémoire et l’émotion du spectateur.
Pour cela, ma démarche se concentre sur trois axes complémentaires :
1. La prise de vue, pensée pour créer des images immersives capables de traduire des éléments imperceptibles et des sensations fugitives.
2. Le post-traitement, où la couleur, la texture et la forme sont travaillées pour prolonger l’expérience sensorielle et renforcer l’impact perceptif.
3. Le support, choisi pour sa matérialité et sa capacité à moduler subtilement lumière et sensations tactiles.
Ces principes généraux s’adaptent différemment selon chaque série, constituant des laboratoires d’expérimentation sensorielle et cognitive, où le spectateur est invité à une lecture active et sensible de l’image.
Série Psychédélique :
Axes : prise de vue et support (stimuler l’imaginaire)
La série Psychédélique illustre ma démarche artistique en se concentrant sur la prise de vue et le support, avec un axe fort sur l’imaginaire. À travers la macrophotographie de graffitis, traces humaines, rouille et altérations naturelles sur les blockhaus de la plage, chaque détail devient point de départ pour éveiller l’imaginaire et la mémoire sensorielle du spectateur. La lumière, la texture et le support choisi renforcent la perception tactile et visuelle, transformant l’observation en expérience immersive. La série invite à percevoir l’inattendu dans le quotidien, où l’homme et la nature laissent des empreintes qui stimulent créativité, rêverie et émotion.
L ’ exposition « La chambre des absents » décline l’image d’ une personne abandonnée à elle-même, dans un environnement qui à première vue nous semble énigmatique.
À travers ces instants figés, la lumière dialogue avec l’espace et participe à une atmosphère ambivalente, à la fois attirante et repoussante.
J’ai souhaité rendre hommage à l’œuvre du peintre danois Vilhelm Hammershøi. Il peignait des intérieurs souvent austères et emprunts de mélancolie avec un personnage seul, généralement vu de dos ou partiellement caché. On retrouve dans ses tableaux une sensation de solitude, mais aussi une forme d’introspection universelle à laquelle chaque spectateur peut se connecter.
J’ai choisi de photographier Christiane, ma belle-maman.
Quelques mois avant notre séance, elle avait perdu son père, Jean, et se retrouvait seule à gérer un patrimoine familial important. Sa mère, Claire, décédée quelques années auparavant, avait accumulé de nombreux objets de valeur, transformant l’immeuble familial en un véritable musée figé dans le temps. Jean n’avait jamais voulu toucher à quoi que ce soit après la disparition de sa femme. Christiane s’est donc retrouvée face à la nécessité de se séparer de ces objets, tableaux et meubles, pour pouvoir vendre l’immeuble par la suite.
J’ai alors compris combien ce lieu, chargé de souvenirs, était devenu pour elle une montagne à gravir. Cette tâche, loin d’être simplement matérielle, était aussi une confrontation à son propre deuil. Ce lieu pourtant saturé de traces et de souvenirs, devenait un endroit presque étranger. Aujourd’hui, l’endroit est vide mais le poids des objets fantômes semble encore plus lourd. Chaque mur porte la trace indélébile des bibelots disparus, vestiges de la présence passée.
J’ai voulu capturer Christiane dans cet environnement, entre les murs de ces pièces. Dans sa chambre, où un petit lavabo faisait face à la fenêtre donnant sur le cimetière où reposent ses parents. Dans la salle de bain bleu ciel, où la toilette se faisait une fois par semaine. Dans le cabinet dentaire de ses parents à l’étage où elle a fait ses premiers pas en tant que dentiste, pour devenir orthodontiste par la suite.
À travers cette série et à la manière d’ Hammershøi, je voulais questionner l’immensité silencieuse de ses espaces. Nous suivons la déambulation de Christiane dans ces pièces, un voyage solitaire avec les fantômes du temps passé.
La série présentée s’inspire des vieilles images sépia du début de la photographie datées de 1860 à 1900.
Mon activité de mail artiste dans laquelle le collage et le détournement d’images tiennent un rôle important m’a servi à réaliser cette série intitulée « Comédie humaine ».
Ce ne sont pas des photos montages réalisées numériquement mais des mises en scène de différents éléments découpés et disposés à plusieurs niveaux de distance face à l’objectif.
À l’ère du numérique et des logiciels de retouche photo, ce « bricolage » photographique sans correction de la photo finale et donc éloigné de la perfection visuelle m’a paru apporter une touche de fraîcheur et de simplicité.
Le résultat est une série de tableaux racontant de petites histoires burlesques, assemblages hétéroclites et décalés navigant entre comédie, tragédie et image surréaliste.
L’apparente poésie qui peut se dégager de ces représentations semble toutefois toujours au bord de la rupture comme un équilibre fragile entre temps suspendu et potentiel désastre imminent.
Cette série naît des fêlures, de ces fractures visibles ou invisibles qui traversent nos corps et nos vies.
Elles racontent des histoires intimes, parfois silencieuses, mais résonnent également avec celles des autres, tissant un lien entre singularité et universalité.
Les corps deviennent des terrains de mémoire et d’expérience : ils portent les traces des blessures et des doutes, mais aussi celles des renaissances, des désirs, des élans et de la joie.
Chaque cicatrice, chaque pli, chaque tension raconte le passage du temps, les combats intérieurs et les moments d’éveil à soi.
Être queer, c’est souvent habiter un corps qui échappe aux cadres et aux attentes normatives. C’est apprendre à se déplacer dans le monde avec une présence différente, inventer d’autres manières d’exister et d’aimer.
Dans cette série, les corps apparaissent dans leur vérité fragile et vibrante : vulnérables, certes, mais également puissants dans leur capacité à affirmer leur singularité.
La photographie devient alors un outil pour révéler la tension entre fragilité et force, entre éclat et cicatrice, et pour célébrer la richesse de ces existences hors norme.
Chaque image est pensée comme un espace de rencontre et d’attention.
Le corps devient langage : il parle par le mouvement, par le geste, par l’attitude, par la lumière qui caresse sa surface. Les fissures ne sont plus seulement des traces de ce qui a été brisé, elles deviennent passages, ouvertures, éclats de lumière qui invitent le regard à s’y perdre, à ressentir l’intimité et le souffle des corps.
Le temps est aussi inscrit dans ces images : celui de la patience, de la transformation, des histoires qui se déposent dans la chair et s’y inscrivent comme mémoire vivante.
Cette série cherche à créer un espace où le corps peut exister pleinement, sans masque ni norme, où la vulnérabilité se transforme en force, et où les singularités deviennent des points de connexion.
Les fêlures que nous portons ne sont pas des faiblesses : elles sont des éclats qui nous relient, des traces sensibles de notre humanité partagée.
Elles invitent le spectateur à reconnaître la beauté dans l’imperfection, à percevoir la lumière qui traverse la fracture, à ressentir le mouvement des corps dans leur totalité. En donnant forme à ces corps et à ces fissures, cette série propose un regard attentif sur le vivant : sur ce qui se fragmente et se recombine, sur ce qui se cache et se révèle, sur ce qui touche et traverse.
Elle ouvre un espace de contemplation et de dialogue, où le spectateur peut se laisser traverser par les histoires corporelles, par le souffle, la texture, le rythme et la lumière.
Au fil des images, se dessine une vérité simple mais profonde : nos corps, avec leurs fêlures et leurs éclats, sont le lieu de notre humanité.
Ils portent la mémoire, l’expérience, la singularité et la communauté.
C’est dans cette lumière filtrée par les fractures que se crée la rencontre, la compréhension et la beauté partagée.
Ceux qui restent / Guinée, mai 2025
Comme chaque matin depuis quatre ans, Idrissa Diallo allume son téléphone, le cœur serré. Le retraité espère toujours un signe de vie de son fils Elhadj Boubacar, parti à 19 ans pour rejoindre l’Europe et porté disparu depuis. A Conakry, la capitale guinéenne, des centaines de familles, comme la sienne, sont sans nouvelles de leur proche.
Nombreux sont les jeunes Guinéens qui, depuis 2015, ont choisi l’exil alors que près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique de Guinée en 2019. En 2023, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les ressortissants de ce pays représentaient 12% des migrants arrivés en Italie contre 5% en 2024, conséquence de l’externalisation accrue de la gestion des frontières par les pays de transit comme la Libye et la Tunisie.
Pourtant, nombreux sont ceux qui disparaissent en mer ou finissent dans des centres de rétention, en prison ou à la rue. D’autres, arrivés à destination, découvrent en France, en Italie ou encore en Allemagne une réalité bien loin de leurs espérances. J’ai rencontré les proches de ceux qui ont décidé de partir en 2023, une année où près de 70% des demandes d’asile des Guinéens ont été rejetées en Italie.
Sous le ciel, le silence / Irak, février 2025
Dans la province de Bassorah, au sud de l’Irak, le nombre de cas de cancers diagnostiqués entre 2009 et 2022 se compte en dizaines de milliers, notamment chez les enfants et les nouveaux nés. Les habitants de la région sont victimes des émissions nocives de dioxyde de carbone et de benzène générées par la combustion du méthane issu de l’industrie pétrolière internationale.
Selon les normes sanitaires, les raffineries de pétrole devraient se trouver à plus de 15 kilomètres des habitations. Pourtant, de nombreuses torchères utilisées pour brûler les rejets de gaz des gisements pétroliers sont installées à seulement quelques kilomètres des maisons. À Nahran Omar, une ville qui compte environ 2000 familles, le champ pétrolier de la Basra Oil Company, opérationnel depuis 2008, se trouve à moins de 200 mètres de certaines habitations. Dans cette ville, des centaines de personnes sont décédées d’un cancer ces dernières années. Pourtant, lorsque les habitants demandent des comptes au Ministère de la santé, ce dernier nie toute corrélation entre le taux de benzène dans l’air et l’eau et l’explosion des cas de cancer dans la région.
Mon exposition offre la possibilité d’explorer des paysages naturels uniquement visibles vus du ciel: les rivières tressées d’Islande et de Nouvelle-Zélande.
Ces deux îles, géologiquement très similaires malgré leur éloignement, partagent une caractéristique rare qu’on ne retrouve que dans certaines régions du monde: les rivières tressées. Ces formations se créent dans des zones montagneuses et glaciaires où l’eau, trop abondante pour un seul lit de rivière, va venir créer des îlots de sédiments grâce au débit et à la pression lors de la fonte des glaces, permettant ainsi à l’eau de se faufiler entre les îlots, créant des chenaux qui s’entrelacent sur des kilomètres. Ces rivières, aux sédiments variés et en constant mouvement, affichent des contrastes de couleurs saisissants comme le bleu, le jaune ou l’ocre. Toutes les couleurs sont 100% naturelles.
Ces rivières évoquent pour moi de véritables peintures vivantes, et mettent en lumière la complexité et la beauté de la nature et ses couleurs. La rareté de ces formations et leur exclusivité dans ces paysages les rend d’autant plus précieuses à mes yeux.
Leur accès est souvent compliqué, et chacun de ces clichés a nécessité des mois de recherches, une planification méticuleuse de mes vols en drone, ainsi qu’une bonne dose de patience et de technique photo une fois sur place. Mon exposition offre une expérience visuelle inhabituelle, qui laisse régulièrement perplexe les spectateurs qui regardent ces clichés.
Guangzhou (Chine). Cité alpha. Parler en nombre d’habitants n’a plus de sens. Modernité totale. Archaïsme absolu. Point nodal des connexions. Foire commerciale où tout se vend, s’achète, se fabrique et s’invente. Monde réel et numérique, intimement entrelacés et entre les deux, l’interstice où se prolongent les traditions. D’un bloc de futur à l’autre, le bon peuple se déplace à vélo réinventé, électrisé, miniaturisé, cheval de trait ou fusée, l’enfant unique en tête de proue.
Guangzhou. Monstre frénétique, juché sur son deux-roues.
Capter la vie du métro parisien, insérer les passants dans l’ambiance, le contexte et, pourquoi pas, le patronyme d’une station. Prendre le temps. Retrouver dans le moins naturel des endroits, la patience de l’affût. Guetter. Echanger un regard complice avec l’autre côté du quai. Privilégier le noir et blanc, et le format carré. Pour ne pas tricher au moment d’empoigner les entrailles de la ville.
Cette série est le reflet de mes engagements et de mes valeurs.
« Dernier jour avant la fin du monde » est une série qui aborde l’éco-anxiété de notre génération ainsi que les nombreux questionnements suscités par le réchauffement climatique et les catastrophes environnementales qui menacent notre avenir et celui des générations futures. Finalement, arriverons-nous à nous souvenir : Que restait-il du dernier jour avant la fin du monde ?
Cette série est réalisée entièrement à la photographie argentique.
Autodidacte, je pratique la photographie de manière intensive depuis plusieurs années. À la source, l’écriture, qui m’a amenée au théâtre, à la vidéo et à l’image fixe, pour explorer la matière sensible après un DEA de philosophie. À travers des résidences, des collaborations avec des auteurs ou des plasticiens, des expositions collectives en France et à l’étranger, je poursuis ma recherche esthétique : insuffler des états d’âme à des prises de vue du réel ou donner une approche documentaire à des images surréalistes.
Consolidation de mon expérience avec une formation courte à l’École Nationale Supérieure de Photographie d’Arles en octobre dernier.
« Écorcée » est une exploration hybride, du point de vue technique et thématique, de la question de la place des humains dans la nature. Jeu sur les matières, mélange des textures, masque qui révèle plus qu’il ne cache, superposition et entrelacement, la peau se fait écran sensible de la communauté du vivant.
S’exprime l’ambivalence des émotions suscitées par mes promenades quotidiennes en paysage rural : beauté et étrangeté, appartenance et destruction. La mise en scène ou la composition sont une façon d’ordonner le monde par le regard, en mode doux.
Autodidacte, je pratique la photographie de manière intensive depuis plusieurs années. À la source, l’écriture, qui m’a amenée au théâtre, à la vidéo et à l’image fixe, pour explorer la matière sensible après un DEA de philosophie. À travers des résidences, des collaborations avec des auteurs ou des plasticiens, des expositions collectives en France et à l’étranger, je poursuis ma recherche esthétique : insuffler des états d’âme à des prises de vue du réel ou donner une approche documentaire à des images surréalistes.
Consolidation de mon expérience avec une formation courte à l’École Nationale Supérieure de Photographie d’Arles en octobre dernier.
« Seul-e-s » est une série d’inspiration baudelairienne qui invite à cheminer au rythme de mes déambulations quotidiennes dans un paysage rural où s’écrit visuellement un jeu de correspondances entre l’état intérieur de l’observateur et la nature.
De ce dialogue silencieux entre solitudes naît la mélancolie, mélange d’émerveillement face à ce qui résiste et d’angoisse face à sa destruction.
Cette série de portraits s’inscrit dans une démarche documentaire et sensible autour de la tradition mongole de la chasse à l’aigle. Elle rassemble les figures d’un chasseur et de son aigle, de son père — patriarche et dépositaire du savoir — et de sa fille, incarnant la continuité de la lignée. Les images, réalisées dans la yourte familiale richement décorée puis dans le paysage ouvert lors d’une chasse au renard, interrogent les notions de transmission, d’identité et de coexistence entre l’homme, l’animal et le territoire.
Zazouz est une artiste visuelle qui transforme la photographie argentique en objets sculpturaux, entre science-fiction et archéologie du quotidien. Étudiante en Master 2 aux Beaux-arts de Quimper et artiste émergente, elle prépare actuellement son DNSEP (Diplôme National d’Expression Plastique), un projet mêlant installations photographiques et formes en volume. Son travail s’articule autour de sa manière d’observer la ville et son environnement. Sous des formes rétro-futuristes, elle questionne la manière dont les images sont montrées et la place des objets. Depuis avril 2025, elle est membre de Street Photography France et a présenté une exposition personnelle à la MPT de Penhars à Quimper, intitulée Comme un Berger d’Anatolie.
« Là où la nuit sent l’iode » est une série de photographies argentiques réalisées entre 2024 et 2025 en Bretagne. La quasi-totalité des images est prise au flash, à la tombée de la nuit ou dans l’obscurité totale, en écho aux légendes et aux mythes bretons.
Issues de marches et de déambulations nocturnes, ces photographies donnent à voir une Bretagne souterraine et enivrante. Les images fragmentent le territoire et en révèlent des présences anonymes, des formes et des textures brutes, où se mêlent nostalgie estivale, aventure de jeunesse et mystère.
La notion de rêve et d’introspection traverse l’ensemble de ma pratique artistique. Cette figure incarne des processus de transformation intérieure, de quête de sens et d’élévation, que je cherche à rendre perceptibles dans des espaces partagés.
Le projet Ndóti s’inscrit dans cette continuité. Ndóti est le Monarque des rêves : une entité souveraine du monde onirique, à la fois douce et imposante, chargée de guider les âmes égarées. Son nom signifie « rêve » en lingala, langue parlée au Congo, terre d’origine de Jocelyn Mbilima, mon modèle dont le corps et la mémoire ont nourri la création de cette figure. Ndóti est ainsi ancré dans une filiation culturelle réelle, transmise par le récit, le geste et la présence.
À travers ce projet, je souhaite interroger la place du rêve dans nos espaces publics contemporains. Dans un monde urbain saturé de flux, d’informations et de contraintes, le rêve tend à disparaître ou à se replier dans la sphère privée. Ndóti apparaît alors comme une figure de résistance poétique : un souverain solitaire, errant dans l’espace public, porteur d’un imaginaire fragile mais nécessaire.
Ndóti ne s’impose pas comme une œuvre monumentale, il devient un point de friction entre le quotidien et le rêve, entre la matérialité urbaine et un monde intérieur invisible. Chaque étape est pensée comme une métaphore du rapport que nos sociétés entretiennent avec l’onirisme.
À travers cette étude, je souhaite questionner l’œuvre comme expérience dans l’espace public : comment une figure onirique peut-elle réenchanter le réel, provoquer une suspension du temps, et offrir aux corps qui la croisent un espace de projection et de rêverie ? Ndóti agit alors comme un guide symbolique, invitant chacun·e à renouer avec ses propres paysages intérieurs, au cœur même de l’espace commun.
Cette série est un travail sur un tour d’Europe de l’architecture moderne en Noir et Blanc. Il mêle de la photographie nocturne en pose longue (Valencia) et une approche fine art utilisant l’outil photoshop pour transformer des photos de jour en leur donnant une vision nocturne. L’idée est de se balader aux côtés de ces bâtiments modernes dans un soucis de mettre en avant un apaisement sonore donnant aux visiteurs une sensation de paix dans une zone urbaine. L’approche photoshop mêle gradients, courbes, faux ciels et nuages.
Ces trois photographies font partie d’une série représentant les membres d’une même famille placés dans des situations burlesques. À travers une mise en scène volontairement décalée, le projet interroge les rôles attribués à chacun au sein de la cellule familiale et, plus largement, les codes qui structurent nos sociétés très normatives.
Le traitement très coloré des images n’est pas anecdotique : il accentue les contrastes, souligne les perspectives et renforce l’aspect artificiel de ces normes sociales. La couleur devient un outil critique, révélant l’absurdité et parfois la rigidité des comportements attendus. En jouant sur le burlesque et l’excès visuel, la série propose un regard à la fois ironique et sensible, invitant à questionner ce qui nous est présenté comme naturel ou évident au sein de la famille et de la société.
« Fragments » explore l’équilibre fragile entre l’ordre et le désordre dans la nature.
Chaque image révèle des formes floues et des textures éthérées, où la lumière et l’ombre dansent dans une apparente confusion.
Ce chaos visuel trouve son harmonie dans la poésie des détails et l’émotion qu’il suscite.
Ces compositions capturent la beauté imprévisible du monde, où chaos et harmonie coexistent en parfaite symbiose.
VOLARE ( work in progress )
» Heureux de rester là-haut
Pendant que le monde
Disparaissait lentement,
J’ai commencé à voler
Plus haut que le soleil
Dans le ciel infini. «
VOLARE est une immersion au cœur de l’une des nombreuses fêtes votives de Palerme incarnant l’identité profonde de ses habitants. Le portrait sensible d’une communauté ancrée dans sa culture, portée par ses espérances.
Premier volet d’une série réalisée en Octobre 2025, dans le cadre d’un workshop Eyes In Progress mené par la photographe de renom Claudine Doury.
Lude est une jeune femme de 24 ans vivant seule avec ses parents en plein cœur d’une île bretonne. Très tôt déscolarisée et profondément reliée à son environnement naturel, Lude ne ressent pas l’envie de se mêler aux affaires du monde et passe le plus clair de son temps à seconder ses parents dans la gestion de leur lieu de vie dédié au bien-être et au ressourcement. Pour affronter la société, elle puise son énergie dans les éléments qui l’entoure et dans les multiples passions qui l’animent.
Memento Amortis est une histoire tragique, ancrée dans le réel et bien trop courante : celle de la violence d’un mari envers sa femme.
Une violence quotidienne, rituelle, pathétique. Sur une peau et des vêtements autrefois d’un blanc pur, ne restent que les stigmates d’un amour passé.
Cette série de photographies met en scène le corps de la femme dans différentes étapes après sa mise à mort, manipulé par son époux dans des positions variées pour réussir à le dissimuler et, à terme, s’en débarrasser.
La série utilise des tons froids aux reflets verdâtres pour rappeler la mort et la décomposition. Les coups infligés sur le corps contrastent avec le blanc des draps et la peau livide du modèle ; le blanc « Sky Dancer », couleur dominante choisie, ressort d’autant mieux lorsqu’il est souillé.
De l’amour, il ne reste que la violence et la haine.
La série commence par la vision des bras ballants du cadavre, peu après l’acte. Le mari observe sa besogne, puis notre regard se porte sur les jambes raides de la mariée, tuméfiées, tout comme ses avant-bras, témoins de la violence du crime.
Cherchant à dissimuler le corps, il ne peut s’empêcher de ressentir du regret alors que l’amour passé ressurgit : alors qu’il emmaillote sa dulcinée dans les draps, il décide de lui donner un dernier baiser, le visage caché derrière le tissu pour ne pas avoir à affronter son regard vitreux.
Son travail se poursuit ; il finit par jeter les draps par-dessus le cadavre pour le cacher en l’étalant sur la table du salon. Une fois sa sinistre tâche accomplie, il observe son œuvre : un ange glacial sans traits apparents, une poupée morbide dénuée de toute vie.
Contemplant ce spectacle, il décide de répliquer une dernière fois une scène de leur vie quotidienne en l’asseyant dans le fauteuil du salon, lui-même couvert de draps, afin que les fluides du corps ne tachent pas le mobilier.
L’objectif de cette série de cinq photographies est de représenter et de questionner cinq profils types de notre société actuelle, souvent perçus et jugés à travers des clichés et des préjugés. Nous avons souhaité mettre en lumière ces stéréotypes par le choix des vêtements, des accessoires et de l’apparence générale de chaque persona.
À travers cette série, cinq personnes ont été représentées : l’icône du luxe, la sportive, l’influenceuse, l’aventurière et la femme d’affaires. Ensemble, ces portraits interrogent sur notre rapport aux apparences invitant le spectateur à prendre du recul face aux jugements et aux préjugés.
Pour renforcer la comparaison entre ces différentes photos, nous avons fait le choix de photographier la même personne, avec la même posture et le même cadrage sur chaque image. Cela permet de se focaliser sur les codes visuels associés à chaque stéréotype.
La composition des images s’inspire du tableau La Jeune Fille à la perle de Johannes Vermeer. La figure féminine de Vermeer est assez sobre ce qui crée l’opposition avec les clichés actuels plus excessifs. Nous avons néanmoins conservé plusieurs éléments emblématiques du tableau original pour retrouver les codes visuels : la représentation féminine, sa posture, la lumière, le foulard autour de sa tête ainsi que la boucle d’oreille en perle.
À travers une série de dix photographies, nous avons souhaité interroger la morosité et le caractère anxiogène de la vie quotidienne en milieu urbain.
Celui-ci, qui est censé être un lieu de mouvement, de rencontres et d’énergie, devient ici un décor oppressant, froid et déshumanisé.
Les transports, les zones dégradées, les architectures massives et les visages fermés composent un quotidien marqué par la fatigue mentale, la solitude et la répétition. Les corps semblent absorbés par l’environnement, presque dissous dans la ville elle-même.
L’absence de chaleur, la dominance de tons froids et les lignes rigides renforcent cette sensation d’étouffement. La ville n’est plus un cadre neutre : elle influence les comportements, les émotions, et installe une tension permanente.
Cette série ne cherche pas à embellir l’urbain, mais à en révéler la face invisible : celle d’un espace qui pèse sur les individus et participe à un climat d’anxiété collective.
REPEAT AFTER ME est une série photographique consacrée au nord de la France, explorée à travers la notion de répétition. À la frontière entre photographie de rue et documentaire, elle capture des scènes du quotidien où gestes, formes, couleurs et situations se répondent, révélant la mémoire visuelle et le rythme répétitif des territoires côtiers.
« L’important n’est pas où, ni qui est, mais la manière dont on le regarde ».
Antidote du blues ambiant, terrain de jeux portant espérances, angoisses, désirs et craintes.
Où peut-on aller trop loin ? Question tombée d’on ne sait où qui vient se perdre dans les arcanes du quotidien que j’ai mis en image.
Reflet d’un spectacle donné par Maria Steinberg à l’Atrium de Woippy.
En s’appuyant sur le journal et le travail graphique de Käthe Kollwitz, ce spectacle émouvant et d’une rare intensité mêle la musique et la danse aux arts plastiques, une interprétation de l’engagement politique et moral d’une des plus grandes figures artistiques du 20ème siècle.
Doubles expositions réalisées en live à la prise de vue, dans des conditions d’éclairage extrêmes.
Une série d’images sur l’expression des corps.
L’expression des corps pour se connecter, artistiquement.
Connecter pour tendre un fil invisible entre les silences des corps.
Se rapprocher des mondes qui s’ignoraient, faire circuler une étincelle d’un regard à une idée, d’un cœur à un autre cœur.
Connecter, c’est l’acte fragile et puissant de créer un passage : une main qui touche une autre main à travers le vide, une pensée qui trouve écho, une voix qui n’est plus seule.
C’est relier sans enfermer, unir sans confondre, laisser l’énergie voyager, comme une lumière qui saute d’étoile en étoile.
Symbiose parfaite de la beauté.
Cette série a été réalisée lors d’un court séjour à Essaouira en passant par Taghazout.
Les 3 premières photos ont été capturées à Taghazout dont 2 au célèbre skate-park situé sur le haut du village.
Le reste de la série est constituée ensuite de photos capturées à Essaouira.
Dans ma pratique de la photographie, j’essaie toujours de ne rien chercher, j’aime me laisser porter par mon intuition et mon œil lors de longues marches.
M’imprégner de l’atmosphère du lieu dans lequel je me trouve m’aide à créer mes images et me permet de transposer mes ressentis et mes émotions dans mes photos.
Ici au Maroc la lumière associée aux couleurs, et notamment au bleu, ont été de réels fils conducteurs à mes photos.
La Cantuta est la fleur-symbole nationale du Pérou. C’est donc tout naturellement que j’ai décidé de nommer cette série ainsi.
Cette série contient 10 photos d’un voyage de 1 mois au Pérou. Le Pérou est un pays extraordinaire, d’une diversité de paysages incroyables, mais l’humain est toujours pour moi ma principale inspiration. J’aime à montrer ici les traditions du pays à travers ses habitants, les liens entre eux.
Cette série photographique s’inscrit dans un projet de recherche artistique situé au sein d’un territoire post-industriel, elle questionne l’ouvrier dans son rapport à la communauté et à la terre. Elle explore également le caractère et l’aspect du jardin ouvrier pour ce que cela raconte sur l’ouvrier et sur un territoire.
Alors en résidence de recherche et de création au Bridderhaus à Esch-sur-Alzette, je construis un dialogue mêlant l’histoire de ma famille et le passé industriel du sud luxembourgeois. J’interroge les jardins ouvriers en croisant alors différentes ressources : des résultats d’arpentage de terrain dont cette série d’images ; de l’expérimentation culinaire à base de bouillon ; des interviews auprès d’historien ou de ma grand-mère, me racontant le jardin qu’avait son père, mineur de charbon, et l’importance que cela représentait pour lui.
Lopin de terre est une série photographique ayant germée en novembre 2025 durant l’exploration de différents jardins ouvriers d’Esch-sur-Alzette. J’ai capturé ces images avec un boîtier argentique moyen format, monté d’une optique équivalente au 35mm.
L’esthétique très anarchique des parcelles, des cabanes de fortune ou encore celle des serres a grandement retenu mon attention : elle évoque la débrouille, le faire soi-même, la récupération, l’amoncellement, le tout renvoyant à une esthétique très fragile et prolétaire. C’est pourquoi ces éléments ont guidé mes cadrages afin de réaliser un inventaire de l’architecture propre du jardin ouvrier.
Avec « Le Cœur en Cage », Middy SEBOLAVY explore l’enfermement émotionnel et les contradictions du sentiment.
Le cœur, symbole d’amour et de vulnérabilité, devient métaphore du corps social, soumis à la contrainte, à la peur ou au désir de libération.
Cette tension entre l’intérieur et l’extérieur, entre le caché et l’exposé, est au centre de son esthétique.
Chaque image devient une métaphore visuelle de l’âme en quête de liberté, tout en étant consciente de ses propres limites.
DÉMARCHE ARTISTIQUE :
Middy SEBOLAVY est une artiste féministe contemporaine dont l’œuvre se distingue par son exploration des questions de genre, de pouvoir et d’identité, à travers des médiums variés.
Son travail, qui explore des thèmes comme la sexualité, la violence, la liberté corporelle et les stéréotypes de genre, vise à déconstruire les normes imposées par la société patriarcale.
Par le biais de la photographie plasticienne notamment (autoportrait), elle a développé une approche artistique profondément introspective afin de redéfinir l’image traditionnelle de la femme et d’en offrir une vision alternative.
Ses œuvres ne sont pas seulement visuellement saisissantes, elles portent également des messages puissants.
L’une de ses particularités réside dans sa capacité à mêler des éléments de culture populaire à des références artistiques et politiques profondes.
Sa démarche questionne également la manière dont les femmes et leurs corps sont consommés, représentés et contrôlés par les médias, la culture et l’histoire de l’Art.
Elle incite le spectateur à réfléchir à son propre rôle dans ces dynamiques.
La série « La tête dans les nuages » est une déclaration d’amour à la montagne et à ses nuages pour ce qu’ils symbolisent : deux antagonismes complémentaires à mes yeux. Le premier incarne la rigidité, la matérialité et la résistance au temps quand le second représente l’immatériel, l’éphémère et la transformation constante.
A eux deux ils représentent nos besoins d’équilibre entre immobilité et mouvement. Les nuages en perpétuel changement contrastent avec l’immobilité apparente de la pierre et de la montagne et nous invite à réfléchir au temps et à la transformation, à la mémoire et au rêve, au renoncement ou à la liberté…
Il suffit de prononcer le mot « Japon » pour que des images de jardins zen, de temples et de portes Torii apparaissent de suite devant nos yeux. Puis très vite, viennent des images de mégalopoles hyper technologiques avec toutes sortes de machines high tech à chaque coin de rue… et pourtant, à chaque coin de rue, littéralement, ce sont des distributeurs de boissons en tous genres et des parcmètres qui sont légions. Sans aucune prétention technologique, elles fonctionnent encore quasi exclusivement à pièces, ces machines sont indispensables au quotidien des Japonais et font partie intégrante du paysage local.
Avec cette série j’ai, à la fois, voulu m’amuser de cette situation, mais aussi, cherché à sortir des stéréotypes et autre images d’Epinal nippones si j’ose dire.
J’ai volontairement choisi un traitement visuel à la croisée des styles graphiques du mangas ou des animés tout en respectant les codes de la photo de rue, en photographiant ces « passants immobiles », témoins d’une forme de pop culture.
Les photos de cette série ont été prises pendant l’épreuve de cyclisme sur route des Jeux-Olympiques dans les rues de Montmartre et du 18ème arrondissement de Paris. Les photos de cette série s’amusent de la foule dans les rues de Paris, des silhouettes perchées aux fenêtres et de l’usage excessif du téléphone portable. Elles ont été prises en 2024 à l’aide d’un Fujifilm XS10.
Les photos de cette série ont été prises en Normandie, en Grèce, en Sicile et en Angleterre. La série illustre la beauté des espaces désertés, pendant un temps (plus ou moins long) par l’Homme. Cette série est une ode à la contemplation de ces espaces et de la sérénité qu’ils dégagent. Les photos de cette série ont été prises entre 2023 et 2025 à l’aide d’un Fujifilm XS10.
La série A+F présente une sélection de visuels décalés, mettant en scène deux personnages parfois proches de nos personnalités respectives, un peu à la manière de Gilbert et Georges, toute proportion gardée, dans des situations liées à divers événements saisonniers ou d’actualité. De l’idée première à la réalisation finale, il s’agit toujours d’un échange de de points de vue et de compétences à toutes les étapes de création, du shooting jusqu’à qu’aux retouches définitives (alors sans IA il va sans dire).
Ces photographies, produites à partir de 2010 et jusqu’il y a peu en marge de notre activité de graphistes, étaient destinées initialement à des envois ponctuels par e-mail à notre clientèle et à nos amis respectifs (pour les vœux et fêtes annuelles notamment). Elles ont ensuite fait l’objet d’une exposition à la médiathèque Verlaine en 2015 intitulée « Confusion », à l’invitation d’André-Pierre Syren. Y étaient présentés des tirages grand format, divers objets relatifs et une version géante de la cravate à rayure de leur costume, suspendue au plafond, ainsi qu’une vidéo du happening « 1er mai ».